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RFID : quel impact sur la chaîne d’approvisionnement ?

Bien que la technologie RFID existe depuis des décennies, ce n’est que récemment qu’elle s’impose comme candidat de choix pour des transmissions de proximité sans contact. La baisse du coût des composants RFID pourrait bien séduire également les entreprises en quête d’une optimisation de leur chaîne d’approvisionnement.

 

Avez-vous déjà entendu parler de “Radio Frequency Identification“, ou RFID ? Cette technologie est présente dans toutes vos poches : smartphones, cartes bancaires… Elle permet en effet d’échanger des informations entre un émetteur et un récepteur sans contact physique entre les deux composants. La RFID est ainsi centrale dans les near field communications (NFC), permettant par exemple de régler ses achats par simple dépôt de sa carte de crédit sur le terminal de paiement. Si les organisateurs d’un congrès ou d’un marathon vous ont déjà demandé de porter un badge ou un bracelet électronique durant l’événement, c’était, là encore, des composants RFID. Et la technologie continue son expansion. En ligne de mire : les entreprises, qui souhaitent l’utiliser pour optimiser leurs chaînes d’approvisionnement.

 

Le suivi d’un produit, de sa conception jusqu’à sa vente, en passant par le transport, est actuellement assuré par un code barre. Mais la RFID pourrait jouer ce rôle avec plus de performance. Là où le code barre demande un scan qui impose un bon conditionnement du produit, la RFID est plus permissive. En effet, les communications utilisant cette technologie se font par radiofréquences. Elles ne demandent donc pas de lecture optique, ni d’opérateur derrière le scan pour mettre le code barre face au lecteur – ou d’automate permettant de positionner le produit dans le bon sens. Les passages du produit aux différents points de contrôle pourraient ainsi se faire plus facilement, et donc plus rapidement.

 

Des avantages pour les entreprises… et pour les consommateurs !

Autre bénéfice : en multipliant le nombre de récepteurs communicants avec les émetteurs RFID placés sur les produits, les différents acteurs de la chaîne d’approvisionnement collecteraient plus de données sur l’acheminement et le stockage du produit, permettant d’optimiser ces deux composantes essentielles du cycle de vie. En améliorant ces paramètres, c’est aussi la préparation des commandes et la traçabilité qui seraient améliorées. Tous ces points jouent en faveur d’une chaîne d’approvisionnement plus agile, aboutissant sur une réduction des coûts de service et du temps de réponse vis à vis de la demande client.

 

Les avantages ne se verraient pas qu’en interne. La chaîne d’approvisionnement intégrant également la vente du produit, le consommateur pourrait bénéficier de la RFID lors de ses achats. Dans les supermarchés par exemple, des recherches sont en cours pour permettre le recours à cette technologie. Le passage en caisse serait alors instantané. Il suffirait de placer son chariot sous un portique, et le prix à payer s’afficherait sans avoir besoin de sortir les articles, réduisant de manière considérable le temps d’attente en caisse.

 

Des puces RFID d'identification des produits sont déjà utilisées par des compagnies comme Wal-mart.
Des puces RFID d’identification des produits sont déjà utilisées par des compagnies comme Wal-mart.

 

Si la technologie ne fait son entrée que maintenant dans la chaîne d’approvisionnement, alors même qu’elle a été inventée durant la seconde guerre mondiale à des fins militaires, c’est parce que son coût ne cesse de baisser. En 2011, un récepteur RFID passif coûtait entre 0,07 et 0,20 $. Aujourd’hui, la même pièce coûte aux alentours de 0,01 $. Certes, le prix reste plus élevé que celui d’un code barre optique — quelques dixièmes de centimes de dollars. Mais cette diminution du coût s’ajoute aux réductions totales en matériel et personnel sur l’ensemble de la chaîne amenées par la RFID. Les entreprises sont donc plus promptes à investir sur cette transition.

 

La RFID doit poursuivre son opération séduction

Quelques milieux restent réticents cependant. C’est le cas de l’industrie de la bière par exemple. Bien que les atouts de la RFID soient satisfaisants, les futs de stockage passent par des étapes de lavage, de stérilisation et de recyclage. Or les capteurs pourraient ne pas être suffisamment résistants pour rester en état de fonctionnement. Il faudra donc encore voir le prix des puces RFID baisser et leur conditionnement s’améliorer pour toucher des secteurs dans lesquels l’emballage du produit est soumis à de fortes contraintes.

 

Dernière limite : la volonté de chacun des acteurs de la chaîne d’approvisionnement d’adopter la RFID dans ses pratiques. Car au final, les données accumulées n’auront de véritable valeur que si elles sont acquises sur l’ensemble de la chaîne. L’implantation de cette technologie dépend donc de la coordination et de la structuration des acteurs. Pour l’adopter, il est nécessaire d’avoir un volume critique de personnes prêtes à l’utiliser, la supporter et la faire fonctionner.

 

Or, ce dernier point est directement lié à la conception même que les entreprises ont de la chaîne d’approvisionnement. Pour certaines, la flexibilité de l’organisation restera le critère déterminant lorsqu’il s’agira d’optimiser la chaîne. En ce sens, des paramètres comme la culture d’entreprise ou les compétences individuelles et collectives resteront au premier plan, rendant l’apport de la RFID soit difficile à mesurer, soit négligeable.

 

Guillaume Escoubas.

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